Les mésaventures cumulées

Episode 1

On voulait faire le Tongariro Northern Circuit. On était ultra motivé.
Une belle randonnée et performance physique de prévu. On voulait partir assez tôt pour éviter la foule. Vendredi matin. 6 heures. On se gare. A peine sorti du van un Ranger du parc nous dit que c’est impossible de faire la randonnée autour du Tongariro. Il y a eu un décès sur le parcours, un Rahui a donc été mis en place (barrière spirituelle et physique dans la culture maorie).

L’office de tourisme/d’informations ouvre à 8h. On décide d’attendre deux heures pour voir les modalités de remboursements.
En attendant, j’appelle le SAV Amazon (j’ai illimité vers les appels en France) pour essayer de résoudre un problème avec la liseuse de ma copine. J’avais demandé comment réparer une liseuse pour un problème de batterie, il m’en avait renvoyé une sans rien me demander … en France. Donc j’appelle : « bah on vous en renvoyé une », « oui mais pas au bon endroit et j’avais pas demandé qu’on m’en renvoie une », « ah je vous met en attente ça dépend pas de moi ». Quinze minutes plus tard « Bonjour, puis je vous être utile? » « Bah… j’étais en attente » « Oh, ça a dû couper, je vous laisse me réexpliquer votre histoire passionnante », blablabla, « ah je vous met en attente ça dépend pas de moi ». Trente minutes plus tard, RIEN. Je raccroche, je rappelle.
J’arrive enfin avec des gens qui sont potentiellement compréhensibles mais qui ne peuvent rien faire puis qui me remettent en attente, et qui, après 20min, me raccroche au nez.
Un opérateur rappelle plus tard, et en même temps je reçois un sms:
« Bonjour, votre forfait Fr** à l’étranger a été bloqué car il y a eu un dépassement de plus de 100€ ». Merci le numéro spécial.

C’était le début de la journée. Je peux vous dire qu’au début de la balade je n’étais pas de bonne humeur. Et pour ceux qui me connaissent, savent qu’il faut me pousser pour que je rage !

Episode 2

Après 16km de marche à bonne allure, nous arrivâmes à notre point de chute. Une admirable hut où nous avions un emplacement dans une forêt ondulante (çaveutriendiremaisçafaitclasse) pour pouvoir y placer la tente.
Suite à ces péripéties, je fais quelques photos (au moins 4km de marche en bonus), puis on mange un magnifique plat chinois aux épices – Nouilles –
Une fois notre diner gastronomique fini, on se dirige calmement vers notre dortoir respectif.
En ouvrant la tente, je regarde mon matelas « Damned, il me semble que le matelas se soit dégonflé, j’espère que ce n’est pas crevé ».
Bon bah si.
Crevaison très lente.
Genre au bout de 2H je suis au sol, avec des cailloux dans le dos. Et rebelote.

Episode 3

Le reste de la balade se déroule sans accro. Enfin…Juste le lendemain…
Le troisième jour de la randonnée on démarre la petite journée à 6h pétantes. On replie la tente, et c’est parti ! Au programme 12km et beaucoup de montée. Et en bonus, un lever de soleil du Mordor, des nuages de partout. Je suis content. J’ai plein de photos intéressantes. Après deux heures de montée, entre nuages, soleil, brume, on commence à se prendre les premières gouttes de pluie. Pendant l’ascension on croise une foule de personnes qui descendent. Ce sont ceux qui font le Tongariro Alpine Crossing.

La foule au dessus des Emeraudes Lakes
Montée du Tongariro Crossing
Tongariro au niveau du Red Crater


En arrivant au sommet, on se rends compte qu’en plus de la pluie, le versant de la montagne nous protégeait du vent. Et le vent, il y en a. Beaucoup de vent. Des petites gouttelettes de pluie qui viennent gentiment te caresser tout le corps.
Bref, en plus d’être mouillé, on est trempé jusqu’à l’os.
On redescend tranquillement, en voyant les gens commencer la montée dans l’autre sens avec des chaussures de villes/ des mocassins, genre c’est NORMAL. Ou encore en short, tee-shirt sans rien d’autre.
Mais ça c’est une autre histoire.
Je vous ne dis pas que le sommet le « Red cratère » pour nous c’était plu le « grisyonvoitrien ».

Brume et soleil
Ambiance Brumeuse


Puis on descend, encore. Et on continue à croiser des gens. Moins habillés les uns que les autres (à se demander si à la fin, ils allaient venir à poils).
Puis au final on arrive au refuge. Il y a du feu. On revit. On se restaure. On se réchauffe, et on essaye de faire sécher les vêtements comme on peut.
Il pleut toujours dehors. A faire tomber des vaches.

cascade sous la brume pendant le Tongariro Crossing
Cascade lors du Tongariro Alpine


Deux heures plus tard, après avoir sympathiser avec les personnes dans le refuge, j’aperçois un ralentissement drastique de la pluie. J’en profite pour aller monter en deux deux. Une belle tente MSR. Que j’ai monté dans des conditions bien plus catastrophique que ça. Je tends la tente et là : CRAC. Le truc qui te fait dire « Ah …Manquait que ça ». Je regarde les dommages : le tubes est fissuré (d’ailleurs MSR ils ont prévu que ça allait casser puisqu’ils vendent des tubes à 20€ d’un diamètre supérieur pour « au cas où »)
Heureusement, avec les personnes du refuge ils ont du bon scotch. Une des personnes scotch l’embout avec plus de scotch qu’il en faut que pour accrocher quelqu’un au plafond.
Bref, c’est tout beau.
On reteste de tendre la tente. ça marche. On installe toute les couches pour finir de bien monter la tente.
Une des personnes nous dit à ce moment là « au moins, ça tient pour la…*CRAC*nuit ».

Il est 16H. Il pleut des cordes. On a pas d’endroit où dormir (sauf potentiellement le sol du refuge).
Avec une tente cassée.

Episode 4

Donc, on était trempé, pas de quoi dormir, sauf attendre que tout le monde se couche et dormir au milieu. Il était 16h, je commençais à m’endormir sur place. Flemme d’attendre que toutes les personnes présentes partent dormir. Du coup… on décide de finir la rando. On se prépare en 2min30, je récupère les restes de la tente. Il reste « que » 10km et apparemment c’est du plat, pour 2h à 3h. Avec une mention spéciale « par temps mauvais, cela peut aller au delà de 5h ». Bon. Je me dis que c’est juste quand il y a du brouillard à couper à la tronçonneuse. Mauvaise idée.
On marche. Vite et rapidement. Mouillés et encore trempés par une pluie et un vent relativement constants.
On a déjà 12km dans les pattes, un entrainement relativement faible. Encore 10km.
Et là, commence les galères. En fait le chemin est pas vraiment un chemin. C’est un putain de parcours du combattant. Boue, trous d’eau, descente sur le cul, escalade, des sauts à faire en veux tu en voilà. Bref, avec un sac à dos de 20kg, ça fait très rapidement les jambes. Avec la pluie qui s’agglutine sur le chemin , on doit éviter le centre, sinon on glisse, ou au mieux on a la jambe dans un trou surprise.
C’est là que je comprends le « au delà de 5h en cas de mauvais temps »
Il pleut encore. Des cordes. Première fois que j’ai de l’eau dans mes chaussures de randos (censé être waterplouf).
Petit résumé. Il pleut, quand on marche ça fait plouich plouich. Et on doit faire des sauts pour passer d’un côté à l’autre en évitant les trous. (Avec les sauts, ça fait plus PLOUICHHHHHH – le moment où ça glisse derrière-)
Fin de l’interlude.
Et on continue à marcher.
Je check de temps en temps sur mon téléphone pour voir si il reste longtemps de marche. La réponse était toujours oui.
Longtemps.
Après encore un moment (qui en soit on dirait une éternité) on voit enfin le château où on loge. Heu où on a le van. ET BAH NON IL RESTE ENCORE PUTAIN DE 40 MIN.
On fait que de monter et descendre et inversement. C’est long.
On arrive enfin au van après 3h de combat contre les éléments. Au final un plutôt bon temps.
Epuisés. Mais plutôt contents.
On va à un endroit pour dormir, où se trouvent des toilettes et des douches. On rêve de virer nos vêtement trempés et de prendre une douche bien chaude. (Les endroits en Nouvelle-Zélande pour dormir sont réglementés).
On dort sans grand problème.
A 5h30 mon portable sonne. J’ai oublié d’enlever le réveil de la veille. Au moment où je le prend : gros flash vert dans la gueule.
J’essaye de le rallumer. Ca vibre.
Ecran noir qui clignote partiellement.
Je regarde sur la prise du chargeur, il est totalement oxydé. SUPER.
Je le fous dans le riz qui reste.
Puis. Bon bah il est mort.
Par contre il continue à sonner à 5h du mat.

FIN.
Bonus : Je suis allé me renseigner pour acheter un nouveau téléphone, en gros si je l’achète en Nouvelle-Zélande, je ne pourrais pas l’utiliser entièrement en France (genre pas de 4G). Du coup bah… nope 😑

Van rouge L300 Avec du bordel devant
Le lendemain matin on fait sécher toutes les affaires

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